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Le Cameroun a franchi une étape importante vers la création du futur Parc national de Rio Del Rey, une aire protégée proposée d’environ 100 000 hectares située dans la Région du Sud-Ouest, au nord du golfe de Guinée. Le site s’étend sur le système estuarien compris entre la zone de Njangassa et la frontière avec le Nigeria, et englobe l’ensemble des îles de l’estuaire.

Zone stratégique pour la conservation des mangroves, de la biodiversité côtière et des ressources halieutiques, Rio Del Rey constitue aussi un espace vital pour les communautés riveraines, dont les moyens de subsistance dépendent largement de la pêche et des ressources naturelles.

La consultation départementale, tenue à Mundemba, a réuni près de 90 participants issus des administrations publiques, des collectivités territoriales décentralisées, des autorités traditionnelles, des organisations de la société civile, des communautés locales et des partenaires techniques. Présidée par le préfet du Ndian, Monsieur Gilbert Guibai Baldena, la rencontre a bénéficié de l’appui technique et financier de la Cameroon Wildlife Conservation Society, dans le cadre du projet OCEANS 5.

Les échanges ont porté sur le document technique du futur parc, les limites géographiques proposées, ainsi que les résultats des consultations locales conduites dans les cinq arrondissements concernés : Bamusso, Kombo Itindi, Idabato, Kombo Abedimo et Isangélé.

Pour les responsables du ministère des Forêts et de la Faune, cette étape confirme l’urgence d’agir face aux pressions croissantes sur les écosystèmes de mangrove.

« La dégradation croissante de la mangrove et l’adhésion exprimée par les populations montrent qu’il est temps d’accélérer le processus de classement. Mais cette étape doit aussi s’accompagner de financements pour préparer la gestion participative et l’aménagement futur du parc », a déclaré Monsieur Alexis Ateba Essame, chef du service faune et aires protégées à la délégation régionale du MINFOF pour le Sud-Ouest.

Les participants ont exprimé leur soutien au projet, tout en soulignant la nécessité de garantir une implication effective des communautés dans la gouvernance future du parc. Les discussions ont notamment porté sur l’accès aux ressources naturelles, la préservation des moyens de subsistance, le développement d’activités économiques alternatives et la mise en place de mécanismes de gestion participative.

Gestion participative
L’approche proposée par le MINFOF prévoit la création de Comités locaux de gestion participative afin d’associer les communautés riveraines aux décisions relatives à la gestion de l’aire protégée.

« Rio Del Rey est notre source de vie, notamment à travers la pêche, mais c’est aussi un patrimoine naturel que nous devons préserver. La création du parc peut renforcer la sécurité, développer le tourisme et mieux protéger les ressources, à condition que les populations soient informées, accompagnées et pleinement associées à sa gestion », a affirmé Monsieur Djibri Aymati, chef de la communauté Mousgum d’Idabato.

Les préoccupations liées à l’exploitation des ressources halieutiques, à l’insécurité et à la pression croissante sur les mangroves ont également été mises en avant. Les autorités administratives ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération transfrontalière pour mieux répondre aux défis sécuritaires et environnementaux dans la péninsule de Bakassi.

À l’issue des travaux, les participants ont validé par acclamation le document technique ainsi que les limites proposées du futur Parc national de Rio Del Rey. Cette consultation clôt la phase des consultations locales et ouvre la voie à la finalisation des documents nécessaires à la poursuite du processus de classement officiel.